L’ACT-Alliance contre le tabac et des associations environnementales pressent le CDP d’exclure l’industrie du tabac de son palmarès
Au regard de ses conséquences désastreuses sur l’environnement, il est inconcevable que l’industrie du tabac puisse se positionner comme un acteur de la transition écologique. Pourtant, des labels comme le CDP (anciennement Carbon Disclosure Project) continuent de distinguer les cigarettiers pour leur performance environnementale. L’ACT-Alliance contre le tabac et 3 associations environnementales que sont France Nature Environnement, Les Amis de la Terre et Surfrider Foundation Europe demandent à cet organisme de respecter le droit international en cessant de promouvoir l’industrie du tabac.
Fondé en 2000, le CDP (anciennement Carbon Disclosure Project) est une organisation à but non lucratif dont le système de notation est reconnu comme la principale norme mondiale de transparence environnementale des entreprises et des villes.
Parmi les entreprises distinguées se trouve l’industrie du tabac : pendant 3 années consécutives (2020, 2021 et 2022), Philip Morris International (PMI) s’est vu décerner un « triple A » dans les catégories « lutte contre le changement climatique », « gestion des forêts » et « sécurisation des ressources en eau », lui permettant de figurer parmi les 12 entreprises les plus exemplaires en matière de performance environnementale. De son côté, British American Tobacco (BAT) recevait en 2022 un « A » dans la catégorie « lutte contre le changement climatique ».
Or l’industrie du tabac est tout sauf environnementalement responsable : chaque année les cigarettiers sont responsables de la destruction de 600 millions d’arbres et de la perte de 22 milliards de tonnes d’eau. Sans compter les 4 500 milliards de mégots disséminés au sol, véritables bombes écotoxiques pour notre planète.
L’ACT-Alliance contre le tabac s’associe aux côtés de France Nature Environnement, Les Amis de la Terre et Surfrider Foundation pour interpeller le CDP et réclamer l’exclusion de l’industrie du tabac de ce palmarès. Cette demande n’est autre qu’une mise en conformité avec le droit international : ratifiée par 168 signataires, dont l’Union européenne, la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) stipule bien que « la publicité donnée à des pratiques commerciales « socialement responsables » de l’industrie du tabac doit être interdite car elle constitue une publicité et une promotion ».
« Les soi-disant efforts dont se vantent les cigarettiers sont risibles au vu de leurs activités et de leurs produits écotoxiques. Déforestation, intoxication des sols, pollution de l’air et des océans, etc. l’industrie du tabac ne mérite en aucun cas de se voir récompenser pour sa politique RSE et encore moins d’obtenir des triples « A ». Ce type de label ne sert qu’à alimenter sa stratégie de greenwashing visant à redorer son image auprès de l’opinion publique et des institutions. », critique Marion Catellin, directrice de l’ACT-Alliance contre le tabac.« Considéré aujourd’hui comme l’un des plus reconnus et utilisés au niveau mondial, on pourrait croire que le CDP soit gage de sérieux. Pourtant, sa méthode de notation (qui ne repose que sur des éléments déclaratifs, sans aucune validation extérieure) et son manque d’exigence vis-à-vis de la nature des entreprises auditionnées laissent à désirer. Il est temps que le CDP refonde ses critères d’évaluation et exclue définitivement l’industrie du tabac de ses palmarès. Il en va de sa crédibilité ! ».